samedi 13 janvier 2007
Recherche d'une femme juive roumaine, nommée Braustein
Durant la deuxième guerre mondiale, James et Louise, alors logés dans un hôtel, on pu croiser une jeune femme juive, d'origine roumaine, désespérement seule. Comme beaucoup de juifs, elle avait peur et tentait de se cacher des nazis.
Elle portait comme nom de famille: Braustein ou quelques chose de très semblable, ou peut être Braunstein ...je ne suis pas certaine.
Louise et James venaient de se marier, et Louise avait toujours en sa possession ses papiers de jeune fille non mariée. Elle en profita pour donner ses quelques papiers à cette jeune femme: il y avait un certificat de baptême entre autre, un papier bien catholique ... il devait y avoir aussi une carte d'identité à son nom de jeune fille: Louise Henkart, née en Belgique en 1919 ... le 15 mars.
Après avoir donné ses papiers à cette femme, Louise et celle-ci avaient décidé, ce qui était normal, de ne plus jamais se revoir, ni même se croiser: cela les aurait mises en danger, certainement mortel.
Mais un jour, alors que Louise se trouvait dans une grande rue de Lyon, elle pu entendre les cris des nazis qui venaient de chaque bout de celle-ci. Et petit à petit, elle se retrouva au milieu d'une foule de plus en plus compacte: les nazis regroupaient toutes ses personnes afin d'effectuer une rafle.
Quand Louise releva la tête, elle vit, effrayée, la jeune femme dans le même état qu'elle, de l'autre côté de la rue. Elle ne savait que faire ..Louise se plaqua contre une porte de porche, souhaitant fortement pouvoir l'ouvrir ...et celle-ci fit ce que Louise désirait le plus au monde à cet instant précis. Elle pu se faufiler derrière, jettant un dernier coup d'oeil à cette jeune femme, puis referma la porte. A côté, se trouvait un escalier, qu'elle grimpa à toute vitesse ...en haut, elle trouva de quoi se cacher, des baches et plein d'autres choses encore. Elle se faufila en dessous et du attendre un long moment, osant à peine respirer. Les nazis arrivèrent peu après: quand Louise me racontait cet épisode qui l'avait marqué à tout jamais, elle m'imittait le bruit des bottes frappant le sol, ce bruit qu'elle ne pouvait plus oubliait, le bruit des soldats allemands, de la guerre, de la peur, de la mort ...
Ils criaient, elle pouvait entendre les gens crier eux aussi, les enfants apeurés, les femmes, les vieux: toutes ces personnes descendaient les marches rapidement, suivis des allemands qui allaient vérifier leurs papiers ... Certains soldats restaient encore là haut, à chercher encore et encore, si quelqu'un se cachait.
Elle resta là longtemps, dans le noir, à écouter ce qui se passait dehors, puis quand vint le silence: elle osa sortir de sa cachette, puis se retrouva dans la rue, vide à cette heure tardive ..et alla retrouver James qui s'inquiétait de son absence.
Jamais plus, Louise ne vit cette femme, ni n'en entendit parler, et ce durant plus de 50 ans.
Et pourtant, elle se demandait souvent ce que cette femme avait pu devenir ce jour là. Avait elle été emmenée, malgré ses papiers de "catholique", avait elle été dans un camp, avait elle été relachée comme beaucoup de non juifs ...?
Avait-elle pu fonder une famille, était elle une grand mère comblée ..?
Avait-elle un numéro d'inscrit sur son bras ? Etait elle là bas, en cendre, dans un fossé, dans une fosse géante ...?
Avait-elle vu passer ces 50 années écoulées ..? Etait morte de sa belle mort en femme libre ?
Y'a t'il quelqu'un ici, qui pourrait enfin me le dire ...? Répondre à toutes mes questions qui étaient celles de Louise ...
Un jour j'espère ...
samedi 6 mai 2006
SOS femmes
Réponse envoyée par sos femmes, suite à mon deuxième courrier annonçant la "libération" de Yolande...
Bonjour,
Votre témoignage est "quelque part" rassurant car il montre que des professionnels sont en capacité de rétablir une certaine justice.
Il est rassurant aussi, parce qu'il met en évidence la solidarité et l'amitié qui ont permis de vaincre les pires difficultés.
Bravo! Ne lâchez pas prise.
Cordialement, Chantal POIGNANT Agent de conseil SOS Femmes Accueil 2, rue Saint-John Perse F - 52100 Saint-Dizier Téléphone : +33 (0) 325.06.50.70 Fax : +33 (0) 325.06.50.12 Site web : http://www.sosfemmes.com/
Liberté retrouvée ...
Liberté retrouvée pour Yolande, et, depuis, les choses s'accélèrent pour elle. Mardi matin, elle a pu récupérer les clés de sa voiture, de la maison et prendre ses affaires à elle et à ses enfants. Il aura falu tout de même 5 flics pour calmer son mari venu à ce moment...
Grâce à l'assistante sociale, elle a pu aller chercher ses enfants à la sortie de l'école: sa puce a fondu en larmes en voyant sa maman, tellement heureuse après presque 15 jours de séparation ...
Le 10, elle a rendez vous avec son avocate.Mais, avant, elle a rendez vous avec le maire d'Amilly afin de trouver très rapidement un appartement.Ceci grâce à notre directeur, très ému d'apprendre ce qui s'est passé durant les vacances.
Petit hic: monsieur est venu me chercher à midi, sur le lieu de mon travail: mais la sous directrice et le directeur m'ont vite avertie afin que je reste cachée au self ...joli moment de stress ! Il a raconté un mensonge, comme il sait si bien le faire: il voulait me voir afin de porter plainte contre le directeur, car selon lui, c'est à cause du directeur que sa femme le quitte, étant harcelée au travail.
Le problème, pour lui, c'est que nous sommes tous soudés contre lui: du coup, l'ambiance au travail est ...assez sympa à vivre !
Je risque tout de même de me retrouver nez à nez avec lui à la sortie du travail ...car il voulait vraiment savoir à quelle heure je terminais. Bien entendu, personne ne le savait !!!
Le combat est loin d'être terminé ...mais ça en vaut la peine !
vendredi 28 avril 2006
Bonne nouvelle !!!
Une bonne nouvelle pour Yolande que je suis allée voir avant hier à Fleury ...au milieu de dingues baveux, de folles agressives et délirantes et de fantômes errants ...
Elle sort demain matin, 3 jours avant ses 40 ans. Demain, je vais la voir libre !!!
Les médecins la libèrent, car ils trouvent qu'elle n'a rien à faire là bas.Ils lui font un dossier en béton pour ne plus jamais avoir à revivre une chose pareille. Un ami lui a monté également un dossier pour débuter son combat. L'assistance sociale lui fait un dossier pour récupérer de façon légale ses deux enfants.
Je lui ai donné, grâce à ma tante (merci tata !), les coordonnées de bonne avocate.
Le psy a la haine contre son mari et lui a dit.
De plus Yolande a appris qu'elle n'était pas du tout anorexique ou quoi que ce soit d'autre: elle a une anémie depuis sa petite enfance, et personne ne s'en est préoccupé.
Donc, il n'y a plus aucune raison qu'elle reste là bas. Elle y avait été internée par sa famille et par son mari (c'est lui qui a signé), et par son médecin qui ne l'avait pas vue pour anorexie, dépression et tendance suicidaire ! Plus rien ne tient et le psychiatre lui a demandé de changer de médecin !
On est tous tellement heureux pour elle: premier combat de gagné ...parés pour les autres batailles, tous unis pour Yolande contre sa famille et son mari !
Elle sera tout de même restée une semaine et trois jours dans ... un asile ...alors qu'elle était saine d'esprit.
Ce bonheur là est tellement fort ... comme quoi, il faut toujours garder espoir, toujours ...
Bon retour parmi nous Yolande !
Bon retour dans la vie!
Une pensée pour Pierre, jeune et beau adolescent aux grands yeux bleus, agés de 19 ans et enfermé là bas. Parce qu'il a voulu mettre fin à ses jours, on l'a mis chez les dingues ...il n'y a pas de mot pout dire ce que j'en pense ...
Une pensée pour toutes ses femmes et ses hommes enfermés là bas, dans ses couloirs, pour rien, parce que l'on a voulu se débarrasser d'eux ...
lundi 27 mars 2006
James et Louise ... suite 2
Louise entend donc le bruit des bottes se rapprocher de la chambre dans laquelle elle se trouve.
Elle ouvre la porte, et, se retrouve nez à nez avec l'officier qu'elle avait décrit la veille au soir: gros, chauve et avec des gallons. Il est suivi de James : "il paraissait avoir grossi, car sous sa veste, il cachait soixante quinze lettres et un colis". Ils ne peuvent se voir que peu de temps.L'officier ayant interdit à James de sortir de l'hôtel, c'est Louise qui doit aller à la poste emmener le paquet.Là-bas, ne sachant que faire, elle dit simplement: "c'est le camp des prisonniers".On la questionne, et elle leurs raconte son histoire. Puis, elle va à la seconde adresse où elle trouve un pavillon. Là aussi, on la questionne et on la fait entrer. Un homme lui demande son numéro de téléphone dans sa chambre, et lui explique qu'ils vont tenter de faire évader James.
Il lui donne un code : " je vous envoie une valise, si elle est vide, c'est que tout va bien et que James arrive, mais si elle est pleine c'est que le plan a échoué, et que James ne vous rejoindra pas".
Elle doit leurs apporter des vêtements de James le lendemain. On lui donne alors, un plan qui représente le chemin entre le camp et le pavillon et qu'elle doit donner le surlendemain à James.
Trois semaines plus tard, Louise reçoit enfin un appel téléphonique: "la valise arrive et elle est vide !". James arrive donc.
Une fois ensemble, ils doivent se séparer pour passer en zone libre. Louise part chez une amie à elle et l'attend. Il tente de passer par Vierzon mais n'y parvienne pas. Il va à Troyes et rencontre des cheminots qui lui disent de passer par Vierzon, mais cette fois ci, en se cachant, et en montant dans le train après le contrôle des wagons de marchandises par les Allemands. James fait donc le trajet entre Troyes et Vierzon avec les cheminots, en se faisant passer pour l'un des leurs: il met une casquette,et joue aux cartes avec eux. Arrivé à la gare, il suit leurs conseils, et,en rampant, il va se cacher dans une petite cabine située devant l'un des wagons.Quand il sort enfin de sa cachette, il est à Clermont Ferrand, en zone libre.
Il part aussitôt rejoindre Louise qui l'attend.
Ils sont restés ensemble plus de 50 ans.
mercredi 15 mars 2006
Pour Vincent, Jérôme et p'tite Louise ...
BON ANNIVERSAIRE LOUISE !
BONNE FETE AUSSI !

Un peu de fushia pour eux deux qui dansent là haut ...la même couleur que les dernières fleurs que Louise a planté dans des petites corbeilles suspendues aux grosses branches de son sapin, devant leur entrée. Elle m'avait dit qu'elle voulait de la couleur dans son jardin, qu'elle aimait bien cette couleur très voyante et très vive. Je me souviens qu'il faisait beau ce jour là, un jour du mois de septembre 1999. Nous parlions gaiement sur le pas de la porte des hôtesses de l'air qui partaient toutes car beaucoup voulaient faire un bébé "2000".
Elle m'a dit en riant qu'elle aussi allait y penser, que ce serait une bonne façon d'entrer dans ce nouveau siècle !
Louise avait 80 ans tout juste.James en avait 84. Ils avaient fêté leurs anniversaires chez eux, dans leur maison, au printemps. Louise était née le 15 mars 1919, et James le 19 avril 1915. c'est amusant de voir comme leurs deux dates d'anniversaire se complètent ...entre le 15 et le 19 entremêlés ...entrelacés ...

Voici une photo de l'anniversaire de Louise avec son "Jame", elle l'appelait ainsi ... Par contre, cela devenait James quand elle se fachait ! Je suis en train de me rendre compte que je suis en train d'oublier leurs voix.
Il ne s'est passé une journée sans que je les vois dans ma vie ...durant presque 25 ans.
Puis, la mort est venue les chercher, non sans douceur ...mais dans sa cruauté, elle nous a donnée le temps de se parler, de se connaître encore mieux, de nous montrer tout notre amour, de se dire adieu ...
J'ai gardé deux vieux pulls que Louise a touché, a aimé, elle a voulu que j'achète les mêmes à petite Louise, sa petite fille ... c'était une façon d'être encore à ses côtés, de l'aimer, alors qu'elle était couchée sur un lit d'hôpital, en train de souffrir de tout son corps. Je ne peux pas les jeter ces pulls ...j'était heureuse qu'elle me demande ce service, tellement heureuse ...
Ils avaient 4 petits enfants. L'ainé, plus agé que moi, a eu comme moi, la chance de pouvoir les écouter parler de leur vie passée, de leur histoire d'amour, de la guerre, de la vie, de tout et de rien, mais de tellement en tous cas ...les trois plus jeunes avait une petite dizaine d'années quand "pépé et mémé" sont partis. Ils leurs ne pouvaient pas toujours aller à l'hôpital ...Ils n'ont pas eu le temps de connaître cette sensation extraordinaire de pouvoir découvrir l'histoire de James et de Louise, ce bonheur de pouvoir partager cette aventure avec eux, autour de la table de la salle à manger. Moi, j'ai eu cette chance, et j'ai tout noté, vite fait, et ces pages se mêlent à ma mémoire ... pour qu'on se souvienne de ces deux personnes extraordinaires.
Ce qui est étrange, c'est que je cherchais ses notes partout depuis quelques temps, et ce matin, je n'arrivais pas à dormir, inquiète à l'idée de les avoir perdues. Et, dans un demi sommeil, je les ai vus, là, dans une pochette, lui même dans un sac noir, au milieu de mes "papiers généalogiques". Incroyable comme cela m'a réveillée: c'était lumineux ! En deux secondes, j'avais tout dans les mains. Aujourd'hui, c'est le 15 mars, je viens de m'en rendre compte ...jour de la sainte Louise aussi ! Et, je les ai trouvés aujourd'hui ...peut être une simple coïncidence.C'est sainte Louise qui m'a aidée ...?! Ou bien c'est juste quelques particules d'amour tellement fortes qu'elles agissent au delà de tout. Connaissant Louise, cela ne m'étonnerait pas.
Louise était belge, elle était née à Hodeige.Elle était arrivée petite fille en France, à l'age de 8 ans.Son père, à ce que j'ai pu comprendre, jouait beaucoup. cela ressemblait un peu à une fuite. Elle vivait dans une ferme, et allait à l'école chez les religieuses. Grâce à ce départ, elle a pu rencontrer très tôt le futur amour de sa vie.
Un peu plus de 2 ans après son arrivée en France, elle a rencontré, chez sa voisine, un beau jeune homme, apprenti à Paris, bien habillé, tellement beau dans sa tête de petite fille qu'elle en était impressionnée. Il portait un complet bleu marine, il avait des manières, bien que lui le niait en riant, presque 70 ans plus tard ! Il avait 15 ans, et se demandait bien ce que voulait cette gamine qui lui tournait autour. Il n'en avait absolument rien à faire ... Lui s'appelait James. Il était en visite chez sa soeur ... Louise ne l'a jamais oubliée. Dans sa tête de petite fille, elle s'était dit qu'elle se marierait avec lui !

James jeune ... et pas mal !
Pendant 10 ans, elle a pensé à lui, ce jeune homme comme elle n'en avait jamais vu auparavant. Mais, elle ne l'avait jamais revu.
La guerre est arrivée. L'exode avec.
Louise travaillait sur Paris: elle gardait des enfants. Elle du, elle aussi, s'enfuir, et partit vivre dans un petit village d'Eure et Loire. Et, là bas, par pur hasard, elle rencontra la soeur de James ! Et, un jour, celle ci l'invita afin qu'elle puisse retrouver son James, devenu soldat. c'est ainsi que son rêve de petite fille se réalisa. Elle avait vielli, et, était devenue une belle jeune femme très volontaire. James ...étrangement ...la remarqua enfin !
Et c'est ainsi que le le demain matin, alors que Louise le raccompagnait jusqu'à la gare, il osa lui demanda son adresse.
Commença alors, une longue correspondance à travers la France, les combats, la guerre ...

James et son sourire
Ses photos sont des doubles que j'ai eu le temps de refaire avant qu'ils ne disparaissent ...j'en ai très peu ...
mercredi 8 mars 2006
Rédaction faite sur James et Louise ...
Alors que j'étais encore au collège, notre professeur nous avait demandés d'écrire toute une rédaction sur une personne de notre entourage, que l'on appréciait, et de la décrire à travers une caricature.
J'ai su tout de suite qui j'allais décrire: James ! Mais plus j'avançais dans le récit, moins j'avais envie de le caricaturer ... j'avais 14 ans, et je trouvais irrespectueux de le décrire ainsi. je suis donc restée assez fidèle à mon "ressenti" profond.
M et Mm Bienaimé, nos voisins, avaient la visite de leur petite fille, Louise. Comme la maman devait s'absenter une journée, mm Bienaimé me demanda si je voulais bien garder le bébé.J'acceptais sans hésitation.Le lendemain, je me rendis donc chez eux.
M Bienaimé ouvrit la porte. De taille moyenne, il ne faisait pas du tout ses 75 ans. Je pus me l'observer en gardant le bébé.Sous ses cheveux blancs comme la neige, on pouvait apercevoir deux petits yeux bleus pétillants de joie de vivre que son bronzage faisait ressortir. Sa bouche laissait apparaître des dents très blanches quand il souriait.Un petit ventre rond trahissait sa gourmandise. Son pull sali, plein de peinture, de graisse et d'huilemontrait qu'il était amoureux de la mécanique et du bricolage.
Il avait ses mains noires et sous ses ongles cassés se trouvait du cambouis. L'annulaire de la main droite manquait, coupé par une machine (ce qui était faux ...)
Il alla dans son garage, suivit de Louise et de moi: son garage, ou plutôt son monde, sa vie. il me montra fièrement la tondeuse qu'il venait de faire, ainsi que le nouveau moteur d'une vieille voiture. l interdit à Louise de tripoter les boulons et les vis qui trainaient sur le sol. Il ne pu s'empêcher de prendre un marteau et un clou pour remettre d'aplomb une étagère qui s'écroulait sous tous les pneus, les moteurs, les cartons de clous, de vis et de tout autre chose.
Il resserra un boulon et mis de l'essence dans la tondeuse, celle-ci, énorme, se conduisait comme un trcteur. je me rapelle que pour fabriquer cet engin, il se levait tous les matins à 6h00 et ne ressortait de son garage que pour les repas. Quelquefois, il travaillait jusqu'à 10h00 du soir.
Sa maison, entièrement faite par lui, quinze ans plus tôt, faisait aussi partie de ses chef d'oeuvres.
personne ne pouvait croire qu'il avait failli mourir à la suite de deux infarctus juste avant de construire cette maison.
Je rentrai le soir chez moi, heureuse de ma rencontre avec cet homme.
J'adore James Bienaimé, sa tendresse avec sa petite fille et l'amour qu'il porte à la mécanique me fascine, bien que je n'aime pas particulièrement celle-ci.
Je trouve aussi que M et Mm Bienaimé forment un très beau couple. Je les aime comme mon grand père et ma grand mère, mais ça, c'est un secret ..."
je n'ai donc absolument rien caricaturé, il y a juste quelques petites exagérations ...
Pour ce travail fait en 4ème, j'ai eu un 13 sur 20. Le mot caricature dans l'énoncé avait été entouré, mais, j'avais eu une bonne note quand même ! J'étais très contente de moi malgré ce presque "hors sujet". J'ai su plus tard, que cette rédaction avait été lue dans la salle des profs ...
Je l'ai toujours non loin de moi, mais elle est presque effacée entièrement: l'encre ne tient plus et disparait. Il devient impossible de la lire. Désormais, elle sera enregistrée ici.
James et Louise ...
Voici une première présentation de James et Louise. Pour moi, James et Louise sont indissociables, James est accroché à Louise comme elle, est accrochée à James.
Il y a bien longtemps, alors que je ne devais avoir que 4 ou 5 ans, mes parents ont décidé de construire leur maison dans un terrain qui longeait le leur.
Une fois construite, Louise est venue les voir afin de leurs demander de ne pas faire de cloture entre nos deux jardins. Il n'y en a jamais eu. Et j'ai passé tous mes étés à crapahuter entre ses deux jardins, qui n'en faisait qu'un pour moi, à rentrer dans une maison, à passer dans l'autre. A l'époque, j'adorais jouer avec leurs fils ainé. Ils avaient également un petit fils de l'age de ma soeur, qui vivait en région parisienne. Il venait souvent chez eux, et jouait avec ma soeur au ping pong. Tout se faisait naturellement, il n'y avait pas de frontière ...
Plus tard, je passais souvent dans leur jardin afin de manger les mûres sauvages qui poussaient dans le fond, ainsi que leurs framboises qui poussaient dans leur potager. Louise m'a montré à quoi ressemblait la rhubarbe : je rentrais d'Afrique et ne connaissait pas tout de la faune et de la flore française ... Plus tard, je passais les beaux jours chez eux, à garder leur petite fille, Louise, aussi ...ainsi que son cousin et son petit frère.
Mais ce n'était pas que ça, James et Louise, c'était bien plus ...C'était deux grands amoureux, l'un de l'autre, de la vie aussi, de l'histoire, de la sagesse ...et des autres surtout.
Le dernier anniversaire de Louise, fêté chez eux ...
Peu importe qui vous étiez, ce que vous aviez fait dans votre vie, ou dit, chacun avait sa place chez eux, à leur table. Ils vous écoutaient tout le temps qu'il vous fallait pour vous expliquer, pour vous raconter, peu importait votre age, vos idées, vos envies, ils vous écoutaient.
Et moi, qui trainais toujours par là, j'en ai vu des gens passer, des amis, des voisins, des inconnus ...tous accueillis avec un sourire, un café, un regard attentif, des paroles apaisantes, toujours des mots justes ...
J'en ai vu des gens repartir, un peu étonnés de s'être laisser aller si loin dans des confidences, mais tellement apaisés, l'esprit tranquille. et ... j'en ai vu revenir ...
A leurs enterrements, j'ai été étonné de voir tant de monde ... alors qu'ils n'étaient pas de la région. Mais ils avaient croisés tant de gens tout le long de leur deux vies si remplies et mouvementées, ils en avaient marqué tant, aimé tant, que ces personnes ne les avaient pas oubliés. Et étaient venus leurs dire adieu. Il y a de ça presque 6 ans maintenant. Six ans, et ...j'ai toujours dans mon portable leur numéro de téléphone avec leurs deux prénoms inscrits ...je n'arrive pas à l'effacer !
James et Louise étaient deux personnes ordinaires, de loin ... plus on s'approchait d'eux, plus on pouvait voir que non ...Tout en eux était donné, simplement. Certaines personnes ont besoin de passer par la parole de Dieu pour être aussi ouvert d'esprit, pour comprendre ce qu'est d'être "bon". Mais chez James et Louise, pas de parole divine, pas de paraboles, de prophètes ou de prières ... non, rien de tout cela, juste des des mots et un regard sur vous humain.
Tout le monde autour d'eux les adorait, ou presque, certains malheureusement, par jalousie, par peur peut être, ne les aimaient pas. En réalité, je ne connais qu'une seule personne qui ait pu ressentir cela ...! Dommage pour elle ...
Je pense que je n'étais pas la seule à ressentir tout cet amour, à peine rentrée chez eux. James m'ouvrait grand les bras, en souriant avec sa petite dent cassée à l'avant, et en faisant un "ah !ah !" qui me réchauffait le coeur. Je plongeais dans ses bras: c'était mon grand père de coeur. Avec Louise, on parlait des heures et des heures, de tout et de rien. On mangeait des bonbons Kréma: elle m'avait montré que c'était bien meilleur d'en mettre deux dans la bouche à la fois !!! Pas évident pour parler: on rigolait bien toutes les deux ! j'ai commencé à parler des heures avec eux, et à les écouter, dès mon arrivée en France: j'avais 11 ans. Et à 11 ans, j'étais fière de les avoir pour moi, quelques heures, c'était comme un privilège. Connaître James et Louise a été un privilège pour tout ceux qui les ont cotoyés. Je n'avais qu'un immense regret, celui de ne pas être leur vraie petite fille. Je crois qu'ils l'avaient compris.
Toutes les personnes qui ont rencontré James et Louise ne pourront vous dire qu'une chose, qu'ils étaient extraordinaires, que tout le monde les aimait et qu'ils manquent tellement à tout le monde ...
Leur nom de famille voulait déjà dire beaucoup ...Bienaimé ... James et Louise Bienaimé. Un nom qui leur allait tellement bien.
Et ce n'est pas pour rien que mon neveu porte en deuxième prénom, celui de James ...
mercredi 1 mars 2006
Un p'tit Nathan québécois
Bleu ciel pour le Québec ! Couleur du drapeau ...
Cela fait plus de 10 ans que j'ai rencontré Véronique, ma copine québécoise, à Montréal. Nous nous étions connues via un organisme étranger de correspondance.
Avant elle, j'avais eu une correspondante canadienne indienne anglophone qui vivait dans une autre province. Cela n'a pas duré longtemps.
Ensuite, j'ai eu Véro. On a correspondu 1 an avant de se voir: je suis partie avec une copine et nos sacs à dos de l'autre côté de l'océan. Et, nous y sommes restées 1 mois. J'avais 20 ans et ma copine, Cécile, 18 et demi.
C'était la liberté absolue, le rêve total ! Durant 1 mois, nous nous sommes balladées à travers la "Belle Province". Et, j'ai pu rencontrer Véro, qui avait 19 ans à l'époque, et qui vivait chez ses parents. Au début, je n'ai rien compris à son accent, puis ... je l'ai pris ...!
L'année suivante, c'est elle et une de ses copines qui sont venues nous voir: tout le monde les a adorées ! Elles sont reparties avec les cerises de ma grand mère.
Puis, l'année d'après, j'ai envoyé ma mère et une de ses amies là bas. Elle a adoré également ce pays.
Puis, j'y suis retournée occasionnellement en tant qu'hôtesse de l'air. La dernière fois,c' était au mois de juin 2005, dernière fois où j'ai vu Véro aussi...
Entre temps, nous nous sommes mis à correspondre via internet. Elle a rencontré qq'un et s'est installée avec lui, et, 1 an après la naissance de mon neveu nathan, elle a mis au monde un petit garçon ... Nathan !
Un p'tit gars minuscule, car grand prématuré.

le p'tit bout ...
Sa maman Véro a eu maladie génétique et doit prendre un traitement à vie. Le problème, c'est que cette maladie n'a été décelée que durant sa grossesse, du coup, elle a failli perdre la vie durant son accouchement qui avait été provoqué.


Premier jour sans branchements ...premier sourire ...
Quelques mois plus tard ...

Avec son papa, dans la piscine
2005 ...

Un p'tit Nathan mangeant des biscuits oréo
Il y a peu ...

Nathan avec deux de ses cousines ...
Ce p'tit bout est encore un peu fragile et a déjà connu pas mal l'hôpital, mais il va bien.
Maintenant, il attend un petit frère ou une petite soeur !
je me demande ce que ça donne,moi, "Nathan", avec l'accent québécois ...!
mardi 1 novembre 2005
Mon loup, en photo: exclusif, même pas dans Gala !!!
C'est lui ......!!!!!!!!!! Ouaaaaah !!!!!!!!
Il adore les photos ...hi hi !







