samedi 19 avril 2008
Nouveau blog ...
Comme il y en a trop à dire sur notre ancêtre poilu, et qu'il mérite mieux qu'une petite catégorie par ici, voici son blog, rien qu'à lui ...:
http://georgesemile.canalblog.com/
Voir également le lien, en bas à gauche, intitulé: "le 7 octobre 1916, à 4 heures de l'après midi ..."
samedi 6 janvier 2007
5 octobre 1916
jeudi 5 octobre 1916, en pleine guerre ... une lettre d'amour ...
Ma chère petite Blanchette,
Pas de lettre de toi aujourd'hui, cela fait deux jours, aussi tu n'as pas à te demander si les heures me semblent longues en ce moment.
Pour le moment, je suis toujours en bo,,e santé, mais qu'en sera t'il de moi demain ?Nous avons passé la journée d'aujourd'hui tranquille dans nos (baraques ?), le temps (...) plus beau, il commence à y avoir un peu moins de boue. Pas grandes (...?) plus à t'apprendre que j'ai encore aujourd'hui, le plaisir de revoir quelques camarades du groupe.
Demain soir, mon petit loup, nous devons remonter pour la troisième fois pour attaquer.
Je ne vois pas ce qui m'attend là haut, mais si je dois y rester, tu peux être sûre, ma petite Blanchette chérie, que ma dernière pensée sera pour toi et ma petite Lucette.
Je ne sais pas quand je pourrai te faire parvenir cette lettre, j'espère pouvoir demain, la mettre dans une boîte.
Je ne vois pas (...?) autre chose à te dire pour ce soir. Je suis encore trop (exalté ...?) pour t'écrire comme d'habitude, car je ne peux encore admettre que l'on envoie aussi lâchement des pauvres hommes brisés de fatigue à la boucherie: ils n'auront pas même la force de se défendre. Que deviendra l'attaque ?
Aussi, je termine, ma petite femme chérie, en t'embrassant encore, un doux baiser, peut être le dernier ?
Ton petit homme qui t'adore
Emile
Décédé 2 jours plus tard, dans les tranchées de Bouchavesnes, le 7 octobre 1916.
Extraits de carnet
Extrtaits du journal de Georges Emile luche ...
1er août 1914:
10 heures du matin: j'apprends l'ordre d'appel. Etant à l'atelier, je pars immédiatement pour Bobigny. Je m'habille, à 11 heures je suis de retour à Paris. Je dis au revoir à georges et en route. Je passe chez mon oncle: je trouve tout le monde en larmes. Camille est parti le matin pour Chalans. Je rentre au fort de Vincennes vers 3 heures. A 4 heures, je suis douché, j'ai pantalon, capote et sac: me voilà chasseur à pieds mour la nuit. Je remplis des paillasses. vers 8 heures, après avoir mangé un morceau, je me couche dans la chapelle. Dans la soirée, j'apprends que la mobilisation est ordonnée.
2 août:
Bien mauvaise nuit: les réservistes arrivent à chaque instant. C'est un vacarme infernal. Ce matin, réveil à volonté. je me lève vers 6 heures et je me promène dans le fort qui est rempli de troupes. vers 10 heures, on me demande au bureau avec deux camarades: j'apprends que je vais au fort de Noisy. Je mange la soupe, et on nous déshabille. je sors du fort et je vais casser la croute avec mon ancien sergentqui lui aussi retourne au groupe. il demeure à vincennes. Nous allons à pieds à Noisy car il n'y a plus de tramway. Nous arrivons vers 6 heures. personne ne s'occupe de nous. Je me déshabille pour passer la nuit.
3 août:
Ce matin, réveil à 6 heures. Dans la matinée, on nous habille en cycliste. Cette fois j'ai un fusil, des cartouches et une machine: me voici prêt. A 9 heures, on quitte le fort à vélo pour rejoindre le groupe actif à la frontière. Nous sommes acclamés sur notre passage à Paris. On nous jette des fleurs et des petits drapeaux: en arrivant à la gare de la villette, nous avons chacun le notre. Nous embarquons dans un train de voyageurs. En avant. Adieu paris, te reverrai je jamais ? Dans la nuit, j'apperçois le clocher de Bobigny. Dans le train, tout le monde chante et rit.
4 août:
Après toute la nuit passée dans le train, nous voici à Charleville: il est 10 heures. La ville est déjà pleine de monde. Nous cantonons dans une laminerie. Je couche sur une plaque de tôle, c'est un peu moins souple que mon lit. vers 4 heures, j'apprends que la guerre est déclarée.
5 août:
Nous partons de bonne heure pour rejoindre ceux de l'active. Journée très fatigante dans la montagne. Nous arrivons vers 2 heures à la Chapelle. L'active n'est pas encore arrivée. Nous serons rassemblés de main.
6 août:
Ce matin, je retrouve les anciens copains. On nous mélange tous: je me retrouve dans mon ancien peloton avec les mêmes gradés. Vers 6 heures du matin, nous passons la frontière: nous voici en Belgique, à Boullons, première ville que nous traversons. Accueil enthousiste des habitants. Toute la population est dans les rues et nous regarde passer en criant "Vive la France !" Dans toutes les villes que nous traversons, on nous distribue de tout: pain, beurre, confitures, tabac, cigares, cigarettes, vins, bières etc ..., on en est embarrassé. Nous cantonons à St Hubert, une jolie petite ville. Je visite rapidement la magnifique petite église. Nous sommes très bien reçus. Je cantone dans un théatre où l'on me coupe les cheveux ras. Cela ne me gêne pas, car il fait trop chaud.
1916 ...
Mercredi 30 août 1916
Mon cher petit loup,
Pas de nouvelles de toi aujourd'hui, aussi, je m'ennuie profondément. Depuis hier soir, il tombe de l'eau toute la journée, impossible de sortir et pas grand'chose à faire: tu penses si les heures semblent longues. Si pendant ma permission il fait une journée pareille, je reste couché toute la journée: qu'en penses tu mon petit loup ? Il est vrai que près de toi je ne m'ennuierai pas.
Pas de nouvelles à t'apprendre puisque je n'ai pas sorti (?) et que je n'ai même pas reçu une lettre. Je t'écris cette lettre avant de me coucher: il est à peine neuf heures, je vais pouvoir fdaire une bonne nuit jusqu'à demain 6 heures.
Toi, mon petit loup, j'espère que tu as meilleur temps à Bobigny sans quoi lucette doit plutôt s'ennuyer aussi de ne pouvoir jouer dans le jardin.
Je ne sais pas encore quand mon tour de départ va arriver: j'ai toujours le numéro 6 sur ma liste, mais aujourd'hui, personne n'est rentré, alors pas de départ. Mais ce sera vite arrivé car en ce moment, il y en a au moins vingt de parti de la compagnie, et quand ils vont se mettre à rentrer, cela va aller vite: encore un peu de patience.
Je termine ma petite
Blanchette chérie en
t'envoyant mes plus doux baisers
Ton petit homme qui
t'adore
samedi 22 octobre 2005
Exemple d'une histoire d'amour durant la 1ère grande guerre
26 ans, mort pour la France ..
La femme qu'il a laissé derrière lui, son petit loup, sa blanchette ...
Blanche Fauconnet, devenue Blanche Luche le 21 septembre 1911
Elle se situe à droite, sur la photo ...
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=76982&pid=917341
Extrait de lettre de George Emile à sa femme ...
Jeudi 24 août 1916
Ma petite femme chérie
Je reçois à l'instant ta lettre du 21 et comme j'ai un petit moment, j'en profite pour t'écrire aussitôt.
La santé va toujours bien, cela ne change pas.
Pour commencer ta lettre, tu me dis que tu arrive de Paris et tu ne me dis pas ce que tu as été faire (Tu vois, je deviens curieux). Enfin, j'espère que ton mal à la tête s'est bien passé après une bonne nuit. Quant aux réflexions de ma carte, ne te tourmentes pas, je saurai bien trouver la bonne place.
Tu me dis, mon petit loup, que tu attends mon arrivée avec impatience. Mais si rien ne change, je pense que vers le 1er septembre, mon tour ne sera pas loin. Malheureusement, je crois que cette nuit nous quittons notre ferme. Je crois même que l'on va embarquer en chemin de fer. je ne connais pas la direction, mais il y a beaucoup de chance que ce soit pour la Somme, alors fini pour les permissions. je te remercie, mon petit loup, pour toutes les explications que tu me donne et tu peux être sure que j'ai confiance en ton bon coeur, mais tu sais franchement ma pensée, cela ne me dit rien du tout de revenir et d'être à ta charge et j'aimerais beaucoup mieux être tué: tu arriverais mieux à te débrouiller seule. Mais tout cela ne veut rien dire: arrivera ce qui doit arriverer, il n'y a rien à faire pour changer la destinée. Malheureusement, combien d'années durera encore cette affreuse guerre ? Pour le moment rien ne fait supposer qu'elle finira un jour, et même en rentrant sain et sauf, ce sera toujours les meilleures années de ma vie perdues.
Mon petit loup, tu me dis que mon absence te donne topujours le caffard, mais tu devrais cependant y être habituée depuis le temps,et puis maintenant, tu n'es plus seule puisque notre petite Lucette est là pour te distraire.
Je ne vois plus rien à te dire pour aujourd'hui, mais je t'avertis que demain, si nous partons, je ne pourrai pas t'écrire, tu ne seras pas surprise à ne recevoir de lettre.
Je termine ma petite Blanche, en t'embrassant tendrement, ainsi que notre petite Lucette.
Ton petit chasseur qui pense toujours à toi.
Emile
Et à bientôt je l'espère, les doux baisers et les folles caresses.
Pour Raphaël et Nathan: histoire de mon arrière grand père mort pour la France ...
Mon arrière grand père: Georges Emile Luche:
Georges Emile LUCHE
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Lucette LUCHE, mariée QUEMY
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Jean Pol QUEMY
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Céline QUEMY PELLE
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Nathan et Raphaël PELLE
Une photo de ma grand mère: Lucette LUCHE, fille de Georges Emile
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